Préjudice corporel – Avocat Grenoble

Un site dédié à l'indemnisation et la réparation du préjudice corporel, Par Edouard BOURGIN Avocat au Barreau de Grenoble

Archive pour la catégorie ‘Actualités du Préjudice Corporel’

Publié par edouardbourgin le 23 septembre 2011

Mediator : l’Oniam plus de 1150 demandes d’ndemnisation

La pile des demandes d’indemnisation gonfle sur les bureaux de l’Oniam. A ce jour, « plus de 1 150 dossiers auraient été déposés », selon l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, qui les réceptionne depuis le 1er septembre. Malgré l’importance des demandes, une difficulté s’annonce pour les victimes, celle de parvenir à prouver la prescription du Mediator. La plupart des ordonnances ont en effet été perdues et les caisses primaires d’assurance maladie ne peuvent pas fournir d’attestation si la prescription remonte à plus de trois ans, ni lorsque le médicament a été prescrit comme coupe faim. L’Oniam précise toutefois que « tous les moyens de preuve sont admis, y compris une simple attestation du medecin prescripteur ». Depuis la loi bioéthique du 4 mars 2002, les médecins ont l’obligation de fournir la copie du dossier médical (obligation d’archivage depuis l’affaire du sang contaminé) au patient qui le demande, dans un délai de 8 jours pour une prescription de moins de 5 ans et dans les 2 mois pour les prescriptions plus anciennes.
Précedents articles concernant le MEDIATOR :
Le fonds d’indemnisation a été lancé jeudi 1er septembre 2011.

Il permet aux victimes d’être directement remboursées sans passer par une procédure judiciaire face aux laboratoires Servier.

Attention, contrairement à une idée reçue ou diffusées par certains, l’assistance d’un avocat spécialisé en réparation du préjudice corporel est essentielle.

L’article 57 de la loi n°2011-900 du 29 juillet 2011 (publiée au journal officiel du 30 juillet dernier) confie à l’ONIAM la mission « de faciliter et, s’il y a lieu, de procéder au règlement amiable des litiges relatifs aux dommages causés par le benfluorex ».

Pour son application, un décret n°2011-932 du 1er août 2011 a été publié au journal officiel du 4 août dernier.

L’ONIAM peut donc être directement destinataire des dossiers relatifs à des dommages imputables à un traitement par le Benfluorex.

Le régime de droit commun applicable aux accidents médicaux et affections iatrogènes reste en vigueur, procédure civile ou pénale…

A titre d’information, ci-après une première liste de pièces administratives et médicales que vous devez fournir, et que vous pouvez d’ores et déjà  réunir afin de les adresser au fond.

Ces pièces sont celles vous permettant de justifier :

- de la prescription de Benfluorex, des périodes concernées et du nom du ou des médicaments prescrits ;

- des dommages et pathologies imputées à la prise de ce médicament, notamment du déficit fonctionnel visé au projet d’article L. 1142-24-2 du code de la santé publique ;

- du nom et des coordonnées des organismes sociaux auxquels la victime directe est (ou était) affiliée ;

- des prestations reçues ou à recevoir des autres tiers payeurs du chef du dommage que le demandeur estime avoir subi ;

- des procédures indemnitaires réalisées au titre des mêmes préjudices et de leur éventuelle issue (une attestation d’information de la juridiction éventuellement saisie du même litige pourra être requise).

Médiator : téléchargez le formulaire de saisine de l’Oniam :

http://www.oniam.fr/IMG/formulaires/formulaire%20benflu%20v5%20230811.pdf

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Cassation de la Cour d’appel de Grenoble sur tierce personne / prestation de compensation du handicap / FIVA AMIANTE

Publié par edouardbourgin le 25 juin 2011

Voici l’arret de Cassation que notre cabinet vient d’obtenir devant la Cour de Cassation :

chambre civile 2
Audience publique du jeudi 16 juin 2011
N° de pourvoi: 10-20303

Vu l’article 1382 du code civil ;

Attendu que l’indemnité allouée aux victimes de l’amiante doit être calculée suivant les règles du droit commun de la responsabilité ;

Attendu que pour évaluer l’assistance par une tierce personne pour la période postérieure au 31 décembre 2007 et en particulier pour la période devant s’écouler à compter du 1er janvier 2008 et pour une durée de cinq ans, l’arrêt retient que M. Y… justifie avoir obtenu de la commission des droits et de l’autonomie de la Drôme le versement d’une prestation de compensation du handicap à domicile sous forme notamment d’une aide humaine pour une durée de cinq ans à compter du 1er janvier 2008, consistant en la prise en charge à hauteur de 754 euros par mois de l’intervention d’une auxiliaire de vie quinze heures par semaine ;

Qu’en statuant ainsi, alors qu’elle devait fixer l’étendue du préjudice et procéder à son évaluation indépendamment des prestations indemnitaires versées par les organismes sociaux, ouvrant droit à un recours contre la personne tenue à réparation ou à son assureur en application de l’article 29 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

Sur le troisième moyen, pris en sa première branche :

Vu l’article 1382 du code civil et le principe de la réparation intégrale ;

Attendu que pour rejeter la demande d’indemnisation formée par M. Y… au titre de l’assistance tierce personne pour la période postérieure au 1er janvier 2013, l’arrêt statue par les mêmes motifs ;

Qu’en statuant ainsi, alors qu’il résultait de ses constatations que la nécessité d’une telle aide était partiellement liée aux conséquences de la maladie professionnelle, la cour d’appel, en refusant d’indemniser un préjudice dont elle a constaté l’existence, a violé le texte et le principe susvisés ;

Et sur le quatrième moyen :

Vu les articles 455 et 458 du code de procédure civile ;

Attendu que l’arrêt fixe l’indemnisation du préjudice fonctionnel sous forme de rente, en indiquant qu’il y aura lieu de déduire de ce préjudice les sommes versées par la caisse primaire d’assurance maladie de l’Isère ;

Qu’en statuant ainsi, sans préciser le montant des sommes versées par l’organisme social pour les périodes courant du 26 novembre 2005 au 1er septembre 2008 et à compter du 1er octobre 2009, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs du pourvoi :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ses dispositions rejetant la demande d’indemnisation due au titre de l’assistance par une tierce personne pour la période postérieure au 31 décembre 2007 et fixant l’indemnisation du préjudice fonctionnel sous la forme de rente calculée comme suit : 3 032 euros par an à compter du 26 novembre 2005 jusqu’au 1er septembre 2008 dont il y aura lieu de déduire les sommes versées par l’organisme social, 5 225,79 euros au titre des arrérages échus du 2 septembre 2008 au 30 septembre 2009, soit après déduction des sommes versées par l’organisme social, 1 494,75 euros, à compter du 1er octobre 2009 : 4 836 euros par an dont il y a lieu de déduire les sommes versées par l’organisme social, l’arrêt rendu le 11 mai 2010, entre les parties, par la cour d’appel de Grenoble ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Lyon ;

Condamne le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante aux dépens ;

Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette la demande du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante; le condamne à payer à M. Y… la somme de 2 500 euros ;

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Un médecin niçois condamné pour blessures involontaires et falsification

Publié par edouardbourgin le 6 mai 2011

 Sandrine et Jean-Claude Giardina se sont battus pendant onze ans avant que justice soit rendue à leur petit Philippe.
(Photo Richard Ray)
Leur fils est né lourdement handicapé lors d’un accouchement mal géré : une famille de Levens obtient justice au terme de onze ans de combat judiciaire
Le fait est rarissime. Un médecin niçois spécialisé en obstétrique vient d’être condamné au pénal par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à 10 000 euros d’amende pour « blessures involontaires », et à 3000 euros d’amende pour « altération de document pour faire obstacle à la vérité ». En outre sa responsabilité a été intégralement reconnue à la suite d’un enchaînement d’erreurs lors d’un accouchement qui a failli tourner au drame, en juillet 2000 à clinique Saint-Jean à Cagnes-sur-Mer. L’enfant venu au monde au terme de longues heures de souffrance est aujourd’hui très gravement handicapé.

« Une reconnaissance »

Le double arrêt de la cour d’appel ponctue onze années d’un long combat judiciaire et révèle l’exemplaire ténacité du couple de Levens qui s’est battu bec et ongles pour que la vérité éclate. D’expertises en contre-expertise, Sandrine et Jean-Claude Giardina, les parents du petit Philippe qui est dans l’impossibilité de vivre aujourd’hui sans une tierce personne, peuvent enfin souffler un peu et ils en ont bien besoin : « Ce jugement nous apporte d’abord une reconnaissance. Quelque chose de vital, car quand on traîne pareille affaire, on se demande chaque jour comment on survit ! » Tous deux ont ressenti plus que du soulagement à l’annonce du verdict reconnaissant la culpabilité du docteur Toufic Seklaoui, âgé de 60 ans, toujours en activité, et qu’ils poursuivent également devant l’Ordre des médecins.

La bataille était pourtant mal engagée, le tribunal correctionnel de Grasse ayant prononcé sa relaxe en janvier 2009.

« Lors de ce procès en première instance, un coup de théâtre est intervenu », rappelle Edouard Bourgin, l’avocat de la famille : « Risquant de voir sa responsabilité engagée, la sage-femme ayant participé à l’accouchement avait photocopié le dossier médical pour le transmettre à son assurance. Et lors de l’audience elle s’est aperçue que le dossier sur lequel avaient planché les experts ne correspondant pas avec ses photocopies. Il avait été trafiqué par le docteur Seklaoui dans le but de se disculper ! »

Coup de massue

De quoi atténuer le coup de massue ressenti par la famille à la lecture du jugement de relaxe : « On était tellement sonnés qu’on avait du mal a imaginer qu’un nouveau procès s’ouvrait dans le procès. Celui de la falsification du dossier médical », se souvient le papa.

La mauvaise gestion de l’accouchement, et notamment la décision tardive de pratiquer une césarienne apparaissaient au grand jour alors même que le tribunal grassois avait estimé qu’il n’était pas possible de dater avec précision l’asphyxie partielle du nouveau-né. Sans lien de causalité établi avec certitude le ministère public n’avait donc pas requis de peine.

« Pourtant les experts sont formels, le manque d’oxygénation est à l’origine des problèmes de notre fils », rappelle la maman, Sandrine Giardina, désolée qu’il ait fallu autant d’années avant qu’il ne soit pris en compte par la justice.

À la suite de ces arrêts, le docteur Seklaoui, condamné également à verser une provision de 600 000 euros qui serviront à médicaliser le logement du petit Philippe, s’est pourvu en cassation comme nous l’a indiqué son avocat, Me Jean-François Abeille : « La cour de cassation va contrôler ce qui a été jugé par la cour d’appel d’Aix-en-Provence », nous a-t-il déclaré en précisant : « Ces arrêts me laissent perplexe compte tenu de ce que trois rapports d’expertise de trois collèges d’experts successifs ont estimé que le docteur Seklaoui n’avait pas de responsabilité. »

Les parents de Philippe se préparent pour leur part à poursuivre leur croisade en espérant qu’elle soit utile à tous et débouche notamment, comme le souhaite leur avocat, « sur la réforme de l’expertise judiciaire en responsabilité médicale, actuellement exempte de tout contrôle ».

Jean-Charles Pierson, Nice Matin, 5 mai 2011

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