Préjudice corporel – Avocat Grenoble

Un site dédié à l'indemnisation et la réparation du préjudice corporel, Par Edouard BOURGIN Avocat au Barreau de Grenoble

Archive pour la catégorie ‘Actualités du Préjudice Corporel’

Un médecin niçois condamné pour blessures involontaires et falsification

Publié par edouardbourgin le 6 mai 2011

 Sandrine et Jean-Claude Giardina se sont battus pendant onze ans avant que justice soit rendue à leur petit Philippe.
(Photo Richard Ray)
Leur fils est né lourdement handicapé lors d’un accouchement mal géré : une famille de Levens obtient justice au terme de onze ans de combat judiciaire
Le fait est rarissime. Un médecin niçois spécialisé en obstétrique vient d’être condamné au pénal par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à 10 000 euros d’amende pour « blessures involontaires », et à 3000 euros d’amende pour « altération de document pour faire obstacle à la vérité ». En outre sa responsabilité a été intégralement reconnue à la suite d’un enchaînement d’erreurs lors d’un accouchement qui a failli tourner au drame, en juillet 2000 à clinique Saint-Jean à Cagnes-sur-Mer. L’enfant venu au monde au terme de longues heures de souffrance est aujourd’hui très gravement handicapé.

« Une reconnaissance »

Le double arrêt de la cour d’appel ponctue onze années d’un long combat judiciaire et révèle l’exemplaire ténacité du couple de Levens qui s’est battu bec et ongles pour que la vérité éclate. D’expertises en contre-expertise, Sandrine et Jean-Claude Giardina, les parents du petit Philippe qui est dans l’impossibilité de vivre aujourd’hui sans une tierce personne, peuvent enfin souffler un peu et ils en ont bien besoin : « Ce jugement nous apporte d’abord une reconnaissance. Quelque chose de vital, car quand on traîne pareille affaire, on se demande chaque jour comment on survit ! » Tous deux ont ressenti plus que du soulagement à l’annonce du verdict reconnaissant la culpabilité du docteur Toufic Seklaoui, âgé de 60 ans, toujours en activité, et qu’ils poursuivent également devant l’Ordre des médecins.

La bataille était pourtant mal engagée, le tribunal correctionnel de Grasse ayant prononcé sa relaxe en janvier 2009.

« Lors de ce procès en première instance, un coup de théâtre est intervenu », rappelle Edouard Bourgin, l’avocat de la famille : « Risquant de voir sa responsabilité engagée, la sage-femme ayant participé à l’accouchement avait photocopié le dossier médical pour le transmettre à son assurance. Et lors de l’audience elle s’est aperçue que le dossier sur lequel avaient planché les experts ne correspondant pas avec ses photocopies. Il avait été trafiqué par le docteur Seklaoui dans le but de se disculper ! »

Coup de massue

De quoi atténuer le coup de massue ressenti par la famille à la lecture du jugement de relaxe : « On était tellement sonnés qu’on avait du mal a imaginer qu’un nouveau procès s’ouvrait dans le procès. Celui de la falsification du dossier médical », se souvient le papa.

La mauvaise gestion de l’accouchement, et notamment la décision tardive de pratiquer une césarienne apparaissaient au grand jour alors même que le tribunal grassois avait estimé qu’il n’était pas possible de dater avec précision l’asphyxie partielle du nouveau-né. Sans lien de causalité établi avec certitude le ministère public n’avait donc pas requis de peine.

« Pourtant les experts sont formels, le manque d’oxygénation est à l’origine des problèmes de notre fils », rappelle la maman, Sandrine Giardina, désolée qu’il ait fallu autant d’années avant qu’il ne soit pris en compte par la justice.

À la suite de ces arrêts, le docteur Seklaoui, condamné également à verser une provision de 600 000 euros qui serviront à médicaliser le logement du petit Philippe, s’est pourvu en cassation comme nous l’a indiqué son avocat, Me Jean-François Abeille : « La cour de cassation va contrôler ce qui a été jugé par la cour d’appel d’Aix-en-Provence », nous a-t-il déclaré en précisant : « Ces arrêts me laissent perplexe compte tenu de ce que trois rapports d’expertise de trois collèges d’experts successifs ont estimé que le docteur Seklaoui n’avait pas de responsabilité. »

Les parents de Philippe se préparent pour leur part à poursuivre leur croisade en espérant qu’elle soit utile à tous et débouche notamment, comme le souhaite leur avocat, « sur la réforme de l’expertise judiciaire en responsabilité médicale, actuellement exempte de tout contrôle ».

Jean-Charles Pierson, Nice Matin, 5 mai 2011

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Publié par edouardbourgin le 5 mai 2011

Conseil d’État, N° 332836, 4 Octobre 2010 :

Danger : Après une procédure CRCI ayant échoué pour les requérants, le juge administritatif peut refuser une nouvelle expertise….

Considérant que la prescription d’une mesure d’expertise en application des dispositions de l’article R. 523-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure ; qu’il appartient au juge des référés, saisi d’une demande d’expertise dans le cadre d’une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d’un acte médical, d’apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, notamment du rapport de l’expertise prescrite par la commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux s’il existe, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée ; qu’il en résulte que la cour administrative d’appel de Versailles n’a pas commis d’erreur de droit, ni méconnu le droit des requérants à l’accès à un tribunal et le principe de l’égalité des armes tels qu’ils découlent des stipulations du paragraphe 1 de l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, en recherchant si l’expertise diligentée dans le cadre de la procédure de règlement amiable, dont M. et Mme A contestaient qu’elle ait été contradictoire, avait été régulièrement conduite et si la nouvelle expertise demandée était utile à la solution du litige ; qu’elle n’a pas dénaturé les faits en estimant que, compte tenu des conditions dans lesquelles s’étaient déroulées les opérations d’expertise devant la commission et du contenu du rapport des experts, la mesure sollicitée par les requérants ne présentait pas de caractère utile

Nous avions déjà alerté sur ce sujet avec la décision suivante : CAA LYON, 6ième Chambre, 15 MAI 2009

La Cour de Cassation a rendu une décision comparable sur le principe de l’absence d’un nouveau droit à un expertise judiciaire après procédure CRCI..Cour de cassation, chambre civile 2,
14 janvier 2010, N° de pourvoi: 09-10521.

Notons ici que ce rejet d’une nouvelle expertise sollicité par le professionnel de santé s’est donc faite au bénéfice de la victime de l’accident médical qui avait eu expertise et avis favorables de la CRCI….

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FIVA AMIANTE : acceptation offre avec taux de 100 % : attention Danger !

Publié par edouardbourgin le 23 mars 2011

FIVA AMIANTE : Indemnisation sur la base d’un taux de 100% d’incapacité, attention danger !

La victime qui accepte une offre sur la base d’un taux de 100% d’incapacité (offre “vie entière”), s’expose en cas  d’aggravation à ne pouvoir obtenir d’indemnisation complémentaire (ou les ayants droits en cas d’aggravation).

CC° chambre civile 2, 23 octobre 2008, N° de pourvoi: 07-20817 (mais aussi 9 juillet 2009 08-18219 et 08-15562)

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que René X…, atteint d’un cancer broncho-pulmonaire diagnostiqué le 16 août 2004 et dont le caractère professionnel a été reconnu, a demandé la réparation de son préjudice au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (le Fonds), lequel, retenant un taux d’incapacité de 100 %, lui a notifié le 27 avril 2005 une offre en réparation de son préjudice extra-patrimonial ; que cette offre a été acceptée par René X… le 2 mai 2005 ; qu’il est décédé le 21 janvier 2006 ; que ses ayants droit ont alors saisi le Fonds d’un complément d’indemnisation du préjudice extra-patrimonial de René X… compte tenu de l’aggravation intervenue depuis l’offre acceptée ; que le Fonds ayant refusé cette demande au motif que ce poste de préjudice avait fait l’objet d’une indemnisation acceptée par René X…, ils ont saisi la cour d’appel d’un recours contre cette décision ;

Attendu que pour fixer le montant du préjudice extra-patrimonial complémentaire subi par René X…, l’arrêt retient que les sommes attribuées au titre du préjudice extra-patrimonial visent à indemniser les souffrances, tant physiques que morales, subies par la victime ; que l’offre initiale a été présentée à René X… le 27 avril 2005 mais que l’intéressé a survécu jusqu’au 21 janvier 2006 si bien que les souffrances subies pendant les neuf derniers mois de sa vie n’ont, à ce jour, pas été indemnisées ;

Qu’en statuant ainsi, tout en constatant que René X… avait accepté avant son décès l’offre que lui avait présentée le Fonds en réparation de ses chefs de préjudice extra-patrimonial, la cour d’appel qui n’a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations, a violé le texte susvisé : CASSATION.

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